La lutte avec le poisson

Cette manœuvre plus technique qu’il n’y paraît à première vue, présente des intérêts multiples. Outre l’esprit sportif, qui  consiste à ne pas tracter un poisson en force en utilisant un nylon démesuré, une lutte bien maîtrisée permet justement d’utiliser des nylons de résistance bien inférieure au poids de la prise.

L’intérêt de pêcher sur des lignes fines est aujourd’hui définitivement reconnu. Afin de mettre tous les avantages de son côté, il faut savoir profiter de tous les éléments favorables durant le combat : distance de pêche importante, réserve de nylon dans le moulinet, frein du moulinet, action de la canne. La technique anglaise est sûrement l’une des plus intéressantes dans ce domaine, car elle réunit toutes les conditions citées.

Voyons dans l’ordre chronologique comment se déroule l’action après le ferrage...

Généralement un beau poisson tente de prendre le large ou de garder le fond. Il ne faut jamais l’obliger à modifier son comportement à cet instant. Mieux vaut le laisser évoluer naturellement, tout en gardant le contact avec lui. Tout est d’abord une affaire de poignet et de contact précis et très maîtrisé.

Les points cruciaux et dangereux au début et à la fin du combat

Des départs violents à l’avancée lourde et profonde, un beau poisson reste toujours maître et est avantagé au moment du ferrage. Dans un premier temps, laisser faire le poisson.

Lorsque les conditions le permettent et que les lieux pêchés ne sont pas encombrés, il est prudent de laisser le poisson partir. Il faut ensuite prendre contact avec lui sans trop chercher à le tirer pour ne pas l’affoler. La canne ne doit jamais être en position haute, mais plutôt à l’horizontale. Des spécialistes parviennent même à fatiguer l’adversaire, le scion de la canne plongé dans l’eau. Chaque fois que le poisson revient plus ou moins rapidement vers le bord, il convient de reprendre l’excédent de nylon, mais pas plus.

Prendre l’initiative

Lorsque le poisson s’est rapproché de la berge et que l’action se déroule à mi-distance, la situation n’est jamais évidente, car il faut bien fatigué le poisson à un moment ou un autre. C’est alors que certaines tractions effectuées au moyen de la canne (et jamais avec le moulinet !) sont nécessaires. Il faut les réaliser doucement et prudemment et se tenir prêt à faire face à une réaction violente. A ce stade, il convient d’épuiser le plus possible le poisson avant d’envisager de l’amener plus près du bord (à aucun moment, il ne faut pourchasser le poisson au moyen de l’épuisette. Mais, dès qu’il s’est laissé amener au-dessus du filet, il faut lever celui-ci sans brusquerie).

« Noyer » le poisson

Quand on pense avoir porté des estocades victorieuses, on peut tenter de faire monté le poisson vers la surface pour le « noyer » en lui maintenant  la tête hors de l’eau. Ce premier contact avec la lumière du jour est toujours critique, et une réaction brutale peut s’ensuivre.

On maintient alors le poisson vers la surface afin de pouvoir le faire glisser progressivement vers l’épuisette. Pour bien maîtriser une lutte, il ne faut jamais être pressé de voir le poisson et de l’amener sous l’épuisette. Etre patient constitue la meilleure arme en la matière.

 

Préservation des Milieux Aquatiques – JC FOBERT

Beaurepaire